I. CONTEXTE ET JUSTIFICATION
La Zone de Libre Echange continentale africaine (ZLECAf), opérationnelle depuis le 1er janvier 2021, vise à intensifier des échanges commerciaux intra-africains à travers la création d’un marché unique libéralisé pour les biens et services, soutenu par la libre circulation des personnes et des capitaux. Ce vaste marché constitue un levier stratégique pour accélérer la croissance économique du continent. L’économie bleue, définie dans la Stratégie africaine pour l’économie bleue comme l’exploitation économique durable des ressources des océans, des lacs, des rivières et autres plans d’eau, tout en assurant la conservation des écosystèmes aquatiques, représente un pilier fondamental pour atteindre les objectifs de la ZLECAf et y tirer profits économiquement pour les pays qui en dispose des potentialités. Elle englobe à la fois les secteurs traditionnels (pêche, transport maritime, tourisme, construction portuaire) et les secteurs émergents (énergies renouvelables, pétrole et gaz, biotechnologie marine, exploitation minière en eaux profondes, conservation de la biodiversité, câbles sous-marins, mariculture). Le continent africain dispose d’un potentiel considérable en ressources aquatiques, qui, exploitées de manière durable, peuvent transformer les économies nationales. Ceci rend l’économie bleue une opportunité cruciale pour l’Afrique en vue de développer et transformer son économie dans le but de devenir un acteur majeur sur la scène économique mondiale.
Le Sénégal, doté d’un vaste espace maritime et fluvial, présente des opportunités d’investissement notables dans les chaînes de valeur maritimes ainsi qu’une gamme diversifiée d’activités liées à l’économie maritime. Ses zones de pêche étendues et ses écosystèmes côtiers uniques offrent un fort potentiel de valorisation et de commercialisation des produits halieutiques. Ils pourraient capter une part de la demande mondiale en répondant aux normes et standards internationaux en la matière. Dans ce contexte, l’économie bleue a été identifiée comme un levier stratégique dans la Stratégie nationale ZLECAf (SN-ZLECAf), favorisant le développement durable, la croissance économique et l’amélioration des moyens de subsistance, tout en préservant la santé des écosystèmes marins.
Par ailleurs, la stratégie portuaire ambitieuse du Sénégal, notamment avec la construction du port en eaux profondes de Ndayane, vise à faire du pays un hub logistique et industriel régional. Ce port, situé à 70 km au sud de Dakar, pourra accueillir de grands navires de commerce et sera adossé à une zone économique spéciale. Dans cette perspective, l’élaboration d’une stratégie nationale de mobilisation des ressources pour le financement de l’économie bleue est essentielle pour stimuler le commerce intra-africain et international, et pour libérer le plein potentiel de ce secteur à travers la création de corridors d’échange de produits.
II. OBJECTIFS Objectif général :
Renforcer la compétitivité économique du Sénégal à travers le développement des filières exploitant les ressources marines et aquatiques, dans le cadre de la mise en œuvre de la ZLECAf.
Objectifs spécifiques :
– Réaliser une cartographie des principaux acteurs publics et privés de l’économie bleue au Sénégal ;
– Identifier des activités sous forme de fiches projets, visant à combler les insuffisances du cadre national pour l’éclosion du plein potentiel de l’économie bleue pour le Sénégal ;
– Décliner un plan d’actions budgétisé afin de tirer pleinement parti des opportunités offertes dans l’économie bleu par la ZLECAf ;
– Proposer une stratégie nationale de mobilisation des ressources pour le financement des projets prioritaires de l’économie bleue au Sénégal.